Dans le cadre de la promotion d’une approche de conservation inclusive fondée sur l’équité, les droits et la participation effective des Peuples autochtones et des communautés locales, l’Alliance Nationale d’Appui et de Promotion des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire en RDC (ANAPAC-RDC), en partenariat avec le Centre de Formation d’appui au Développement durable (CEFAD), a organisé une séance de renforcement des capacités à l’intention de son équipe. Pendant deux jours, mardi 16 et mercredi 17 juin à Kinshasa, les participants ont été formés à la planification opérationnelle, au suivi des indicateurs et au reporting axé sur les résultats. L’objectif était d’améliorer la collecte des données, le suivi des activités et la qualité des rapports, afin de renforcer l’impact des projets sur le terrain.

 

La formation s’est articulée autour de deux thèmes principaux : la planification opérationnelle et les indicateurs, puis le suivi, le tableau de bord et le reporting. Cinq modules ont été dispensés : les deux premiers, consacrés à la gestion axée sur les résultats (GAR) et à une étude de cas sur l’ANAPAC (analyse critique d’un plan existant), ont rythmé la première journée. La seconde journée a porté sur les indicateurs de performance, le reporting axé sur les résultats et un exercice pratique de production d’un mini-rapport de performance.

 

Dans son mot d’introduction le Directeur Exécutif National de l’ANAPAC, Joseph Itongwa a souligné que l’Initiative pour la Conservation Inclusive répond à un besoin institutionnel plus large que la simple mise en œuvre d’un projet.

 

« L’initiative vise à combler certaines lacunes et à nous permettre d’atteindre les résultats attendus. Mais au-delà du projet, elle répond également à un besoin propre à l’ANAPAC de contribuer davantage à la réalisation de sa vision et de sa mission. L’ANAPAC porte la vision de voir les communautés demeurer ancrées dans leurs valeurs traditionnelles et culturelles, tout en assurant une gestion rationnelle de leurs ressources naturelles. Notre mission est de les accompagner afin qu’elles jouent pleinement leur rôle au niveau local et qu’elles bénéficient durablement de la biodiversité, des écosystèmes préservés et de moyens de subsistance pérennes », a-t-il expliqué.

 

Joseph Itongwa a également précisé que l’organisation a sollicité un avenant dédié au renforcement des capacités en raison des besoins identifiés en matière de planification, de suivi-évaluation et de qualité des rapports. « Les observations récurrentes formulées par nos partenaires démontrent l’importance de cet investissement », a-t-il ajouté.

 

Selon lui, l’organisation doit continuellement améliorer son professionnalisme pour mieux remplir son mandat, et le projet ICI vient consolider une dynamique déjà engagée au sein de l’ANAPAC.

 

« Nous avons besoin de renforcer nos capacités en tant que structure d’accompagnement. Pour accomplir notre mission de manière efficace, nous devons travailler selon les normes professionnelles et respecter les principes de gestion, tant sur le plan technique que financier. L’Initiative pour la Conservation Inclusive ne crée pas nos ambitions, mais elle vient renforcer les efforts que nous menons déjà pour répondre aux besoins des communautés et améliorer notre fonctionnement institutionnel », a-t-il martelé.

 

Un partenariat  durable avec le CEFAD

 

Le Directeur Exécutif National de l’ANAPAC a également insisté sur la dimension durable de la collaboration avec le Centre de Formation d’appui au Développement durable (CEFAD).

 

« Le partenariat avec le CEFAD ne se limite pas à une prestation ponctuelle. Il s’agit d’un accompagnement technique de proximité inscrit dans la durée, destiné à soutenir la croissance institutionnelle de l’ANAPAC », a-t-il déclaré.

 

Il a salué l’appui des partenaires ayant contribué au programme, notamment l’Initiative pour la Conservation Inclusive mise en œuvre par l’UICN, ainsi que la Conservation International et le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), dont le soutien a permis d’obtenir les ressources nécessaires pour renforcer la conservation inclusive au sein de l’organisation.

 

Assurée par Raphaël Kasongo et André Matunabo, la formation a mis l’accent sur l’utilisation d’outils modernes pour valoriser les résultats. Les participants ont appris à produire des reportings plus visuels, plus synthétiques et davantage orientés vers la démonstration de l’impact, répondant ainsi aux attentes des partenaires.

 

Pour Esther Ngalula, facilitatrice communautaire au sein de l’ANAPAC, cette formation a été une révélation. « Cette formation a renforcé nos capacités et nous permettra d’obtenir de meilleurs résultats, contribuant ainsi au succès de notre projet. Après ces deux jours de formation, je peux affirmer que je ne serai plus Esther d’hier. Je me sens désormais plus professionnelle et plus performante dans la réalisation de mes activités sur le terrain, afin de produire des résultats de qualité.»

Des leçons apprises et des perspectives

 

À l’issue de la formation, les participants ont partagé plusieurs leçons apprises : – les termes de référence (TDR) sont essentiels pour réussir les missions ;

– les défis peuvent être surmontés avec engagement ;

– il faut abandonner certaines pratiques obsolètes et améliorer la préparation des missions ;

– adopter les nouvelles technologies et quitter la routine ancienne ;

– apporter un accent particulier au changement réel.

 

La principale recommandation a été de valoriser les correspondants terrains pour faciliter la remontée des informations, de tirer profit du temps limité des missions pour bien programmer les tâches, et de reconnaître ses faiblesses pour mieux s’engager dans l’apprentissage continu.

 

Il convient de souligner que le projet Initiative pour la Conservation Inclusive ne vise pas seulement à financer des activités, mais aussi à renforcer les capacités des organisations des peuples autochtones afin qu’elles puissent accéder à des financements plus importants et gérer elles-mêmes des projets de grande envergure.

 

Désormais membre de l’UICN, l’ANAPAC-RDC participe progressivement à différentes commissions et groupes de travail, notamment la Commission mondiale des aires protégées. Cette reconnaissance témoigne du travail accompli par l’organisation. Les mécanismes du FEM imposant des exigences en matière de sauvegardes, de suivi-évaluation, de gestion des plaintes et de reporting, les agents de l’ANAPAC s’approprient déjà ces outils pour être en mesure d’accéder à de nouveaux financements.

 

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