En vue de la 17ème Conférence des Parties (COP17) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui se tiendra à Erevan (Arménie) du 19 au 30 octobre 2026, l’Alliance Nationale d’Appui et de Promotion des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire en RDC (ANAPAC-RDC) a organisé un atelier national de préparation stratégique, du mardi 8 au au jeudi 10 septembre 2026 à Kinshasa.
Placé sous l’égide du ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC) et soutenu par l’agence allemande de coopération internationale GIZ et l’organisation Synchronicity Earth, cet atelier a réuni plus de 70 acteurs clés dont les représentants de la société civile environnementale, les peuples autochtones pygmées, les ministères transversaux et des scientifiques. L’objectif était de renforcer la préparation technique et stratégique des acteurs congolais, de consolider les positions nationales, d’identifier les priorités d’influence et d’élaborer une feuille de route concertée pour la COP17.
Dans son allocution d’ouverture, le Chef de service de la Direction du Développement Durable (DDD), représentant la Secrétaire générale du MEDD-NEC, M. Aimé Mbuyi Kalombo a insisté sur la nécessité d’une meilleure participation des peuples autochtones et des communautés locales aux négociations internationales.
« Nous devons réfléchir à une meilleure participation des représentants des peuples autochtones et des communautés locales à la COP17, en identifiant clairement les défis et les opportunités. Leur participation est essentielle pour que les décisions internationales sur la biodiversité tiennent compte des réalités vécues par les communautés qui contribuent quotidiennement à la protection des écosystèmes », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la biodiversité est une responsabilité collective et que cet atelier doit servir d’espace de réflexion pour préparer une participation stratégique et défendre efficacement les intérêts nationaux.
Le Directeur Exécutif National de l’ANAPAC-RDC, M. Joseph Itongwa Mukumo a rappelé que le partage des données entre l’État, la société civile et les acteurs de terrain est indispensable pour mieux défendre les intérêts du pays lors des négociations.
Il a également souligné que le Cadre mondial de la biodiversité (CMB-KM) inclut des cibles dont la mise en œuvre concerne directement les communautés locales et les peuples autochtones, notamment la cible 3, qui prévoit la conservation d’une part importante des espaces terrestres et marins d’ici 2030.
« Il ne revient pas uniquement à l’État de réaliser cet effort. Les initiatives communautaires, les aires de conservation et les autres formes de conservation portées par les communautés doivent également être reconnues et valorisées », a-t-il martelé.
Joseph Itongwa a également mis en garde contre une participation non préparée aux COP. « Il ne suffit pas d’obtenir une accréditation pour participer à une COP. Il faut savoir ce que l’on va y faire, quels messages porter, quelles informations recueillir et comment capitaliser les acquis une fois de retour au pays », a-t-il conclu.
Des résultats concrets pour la COP17
Ces travaux ont permis d’élaborer une position claire sur les points à l’ordre du jour de la COP17, de préparer des messages de plaidoyer pour les négociations, d’identifier les implications pour la RDC et de mettre en perspective les priorités nationales avec l’agenda mondial.
La COP16, tenue à Cali (Colombie) en 2024 et achevée à Rome en février 2025, marquait ainsi une étape importante. Mais c’est la COP17 d’Erevan qui sera particulièrement stratégique, car elle accueillera le premier bilan mondial des progrès collectifs dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Un rendez-vous crucial pour la RDC, pays-solution qui entend faire entendre sa voix et défendre ses priorités sur la scène internationale.
